La vie du Nant'z'art

ACTIVITES   2023

Témoignages de Nant'z'arts

L'american Nant'z'art

Nous avons eu la chance d'avoir parmi nos adhérents un de nos camarades EX 59 qui vivait aux Etats Unis près de San Francisco, il est décédé en 2015, il nous a laissé le souvenir d'un Nant'Z'Art inoubliable.

Son parcours de vie est tellement extraordinaire que nous nous permettons de retranscrire ce qu'il nous en a transmis.

                COMMENT JE SUIS RENTRE A L’E.N.P. LIVET

            Lorsque j’étais jeune, je désirais être prof de français/histoire/géo. Ou encore écrivain. Pour cela, j’aurais dû, dès la 6ème, être dirigé vers le lycée, section classique, comme on disait à l’époque. Mais, d’une part, il était impensable pour ma mère que je ne passasse pas le certificat d’études primaires, et d’autre part, des tests d’orientation professionnelle me destinaient à une carrière technique, ce qui enchantait mes parents. Et puis on ne m’a pas demandé mon avis…

Donc je restai en primaire mais, en décembre de l’année du C.E.P., je gagnai un “super-tiercé” :

-         une primo-infection avec ganglions

-         une coqueluche

-         une pleurite.

Résultat : fin d’école et six mois couché.

       Pour la petite histoire : Mes parents n’étaient pas de grande taille. Je me couchai avec 1.60 m. et par l’effet d’un médicament efficace – le rimifon – je me levai six mois plus tard mesurant 1.82 m. Je me couchai en pantalons et me relevai en bermuda. Ce qui coûta à ma pauvre mère une fortune en nouveaux vêtements.

        Bien entendu, comme j’avais manqué l’année scolaire, l’école ne voulut pas me présenter au C.E.P. , voulant me faire redoubler l’année. Ma mère, Bretonne têtue, me présenta à titre individuel. Bien qu’encore un peu contagieux, avec la complicité du directeur de l’examen, qui était mon ancien instituteur de Louis Millet, je fus admis à passer le C.E.P.

A la surprise générale, je fus reçu premier de la Bretagne au C.E.P.

Remise des prix (une encyclopédie + le Tout-en-un) dans la cours de l’école. Je revois encore ma mère, la tête haute, foudroyant du regard ceux qui n’avaient pas voulu me présenter.

            Il fallait donc prévoir la nouvelle année scolaire car il n’était nullement question de m’envoyer en apprentissage. Bien entendu, l’école refusa encore de me présenter au concours de LIVET qui était considéré comme trop difficile. L’école ne voulait pas d’échecs. De nouveau ma mère me présenta en candidat libre. De nouveau je sortis du lit pour le concours.

C’est vrai, en théorie je n’avais aucune chance. Il y avait à peu près 2200 candidats de toute la Bretagne, la Vendée et le Bordelais. Et seulement 120 postulants allaient être pris.

De nouveau à la surprise générale je fus reçu (…119ème !).

        De nouveau ma mère fit irruption à l’école. D’autant plus que le fils du directeur-adjoint, celui qui ne voulait pas me présenter, avait été boulé au concours. Pour être franc, pour le C.E.P. et le concours de LIVET, ce fut deux coups de chance. Bien sûr je n’étais pas mauvais mais j’ai toujours eu beaucoup de chance pour les concours. Cela est dû à une grande décontraction alors que les autres sont stressés. Je suis aussi sorti premier de ma promotion Marine Nationale, mais là j’avais travaillé dur pour cela.

 Donc me voilà prêt à affronter LIVET. Je vis avec regrets, pendant deux mois, ma mère se ruiner : livres d’école, planches à dessin, compas, règle à calculs, pied-à-coulisse, tous les instruments qu’il me fallait pour être prof d’histoire… Sans compter tous les nouveaux vêtements exigés par ma croissance subite.

      Je ne regrette aucunement mon séjour à LIVET, bien au contraire. Cela peut paraître stupide, mais encore maintenant j’en suis toujours fier. Si j’étais premier en histoire, géo et dessin d’art, j’étais médiocre en maths, physiques, dessin industriel. Mais j’ai appris beaucoup de choses qui m’ont servi par la suite. Et j’ai surtout mûri en personnalité et acquis la volonté de prendre mon destin en mains.

Et puis, n’ai-je pas fini historien d’Oncle Sam et écrit un livre ?

Sans mon passage à LIVET, je n’aurais certainement pas réalisé toutes les choses que j’ai faites.

 Note : Lorsque, pour entrer dans la Marine, on me fit passer un test professionnel, de nouveau le verdict était la technique. On voulait faire de moi un électricien ou un mécanicien. Là, je refusai catégoriquement. La Marine ne se doute pas combien de bateaux n’ont pas coulé grâce à ce refus.

VOIR LA SUITE DANS LA RUBRIQUE LA VIE DES EX

UNE ANECDOTE DE MON SEJOUR A LIVET PAR  JEAN-PIERRE MOURAUX:

“MAJOR  EN  MATHS”

 Je n’étais vraiment pas bon en maths, matière que je détestais.

 A l’E.N.P., à la fin de l’année scolaire, il y avait un test pour chaque matière. Nous appelions ça composition. C’était vraiment important car la note servait pour le passage en classe supérieure. Et le coefficient en maths était élevé.

 Le professeur de maths, sans doute de mauvaise humeur, avait décidé de tous nous coller en donnant un sujet très difficile. Je voyais tout le monde plancher, donc il n’était pas possible de copier sur le voisin. Je n’avais rien à perdre. J’étais très décontracté, sachant que j’aurais ma mauvaise note habituelle. Je me mis à remplir ma feuille de choses dont je me rappelais afin de ne pas avoir un zéro, note éliminatoire.

 Pour le résultat de ces tests de fin d’année, se déroulait tout un cérémonial : Le directeur venait en personne dans la classe donner les résultats et les notes. Il commençait toujours par les derniers en remontant vers les premiers. Après qu’il eût énoncé une dizaine de copies, peloton de queue dans lequel j’aurais dû me trouver, je commençai à être inquiet. Où était passée ma copie ? L’énumération continua et lorsqu’il ne restait que cinq copies, mon inquiétude devint extrême. Ma copie avait dû être perdue. On allait m’accuser de ne pas l’avoir rendue afin d’éviter une note éliminatoire. Lorsqu’il n’en resta qu’une, le directeur, dans un geste théâtral, laissa durer le suspens. Je regardai partout autour de moi pour savoir qui était l’heureux gagnant. Puis, après un long silence, le directeur annonça, à la surprise générale, “le major est … silence … l’élève Mouraux”. Je crus d’abord à une plaisanterie, puis je faillis défaillir : on allait sûrement me demander de refaire cela au tableau pour prouver que je n’avais pas copié. Mais le directeur me rassura en annonçant “Et il n’a pas pû copier sur les autres car il a trois points d’avance sur le second”.

 Que s’était-il passé ? Non, non, je n’étais pas devenu soudainement bon en maths. D’ailleurs ma note n’était pas brillante; j’avais eu 12 sur 20. Le sujet était tellement difficile que les cracks n’arrivaient pas à le résoudre et avaient rendu des feuilles presque vides. Comme j’avais noirci ma copie avec ce dont je me rappelais, j’avais dû approcher un peu le sujet sans le savoir.

 Dès le lendemain, le directeur convoqua ma mère pour lui annoncer l’incroyable nouvelle. Ma mère buvait du petit lait, moi du vinaigre.

Le directeur : “Ah, je savais bien que votre fils pouvait être un bon élève. Vous voyez, quand il fait un effort, quand il met du sien”.

Ma mère : “Ah, je vais prendre cela en mains. Il va falloir dorénavant qu’il y mette du sien et qu’il mérite votre confiance”.

Ce n’était pas prévu par le règlement mais je demandai la parole. J’essayai de me justifier. Je voulais être honnête avec eux – je n’étais pas bon en maths. C’était un coup de pot et les autres avaient eu un trou.

Je fus foudroyé du regard par ma mère sous l’oeil amusé du directeur qui était une très bonne personne.

 Le résultat de tout cela fut que tout le long du retour (à pied) à la maison - boulevard de Strasbourg, puis boulevard Gabriel Lauriol, jusqu’à la Morrhonniere - ce fut une “superbe engueulade” de ma mère. “Ah, ah, je savais bien que si tu voulais… Maintenant tu vas filer droit… et travailler dur… etc”.

 Conclusion : Comment aimer les maths à la suite de cela ???

Pour ceux qui manquait d'idées pour écrire à leur petite amie

Témoignage de JM Guérin EX 43/47

Témoignage de JM Guérin EX 43/47

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